Longtemps, le sport a été pensé comme une expérience éphémère. Un départ, un effort, une arrivée.
Puis le silence. Alors, pour le rendre tangible ou du moins le prolonger, on a commencé à lui attribuer des souvenirs. Un chrono, une médaille, parfois une photo un peu floue. Des petits bouts d’objets abimés chargés en symbolique, gardés cachés ad vitam aeternam dans nos tiroirs à nostalgie.
Et si l’on vous disait qu’à l’ère du design, il est possible de prolonger ces moments sans en trahir la symbolique ?
Courir, c’est appartenir
La course à pied en est sans doute l’expression la plus visible. Marathon de Paris, Semi de Paris, UTMB, courses locales ou trails de village : chaque épreuve développe aujourd’hui un univers graphique identifiable, parfois attendu autant que le parcours lui-même.
Dans le même temps, la dynamique du running s’est largement nourrie de l’émergence de collectifs et de crews qui ont redéfini la manière dont on vit, partage et symbolise la course à pied.
C’est ainsi que des structures comme Viens M’Attraper, Eightlines ou Harbat Running Lab, souvent propulsées par des applications comme Strava, mais aussi des collectifs plus indépendants tels que Circle Running Club ou Culture Run Club, témoignent aujourd’hui d’une nouvelle cartographie du milieu.
Leurs identités visuelles deviennent des points d’ancrage symboliques : elles disent d’où l’on vient, avec qui l’on court et, plus largement, comment on souhaite inscrire sa pratique dans un récit collectif durable. Le graphisme devient alors un signe de reconnaissance entre coureurs, bien avant d’être un souvenir.
Vous êtes sur Strava ?
Le retour en grâce des archives sportives
Ce n’est pas un hasard si les affiches de courses anciennes ou les t-shirts vintage suscitent autant d’engouement. Ils condensent une époque, une esthétique, une promesse. Ils racontent le sport autrement que par la performance brute.
Le travail d’Alexandre Selles avec Rematch Club en est un exemple éclairant. En collectant et remettant en circulation des t-shirts de courses vintage, il révèle une chose essentielle : ces objets ne sont plus des reliques personnelles, mais des pièces culturelles. On ne les garde plus dans un tiroir, car ils sont des témoins graphiques à l’esthétique poussée de l’histoire du sport.
Même logique du côté du Marathon de New York, dont les affiches et visuels annuels sont devenus des objets collectionnés, bien au-delà des seuls finishers. Ici, le design ne documente pas la performance : il raconte la légende.
2h29’11“, un engagement concret
Chez LUCIOLE, cette attention portée aux usages n’est pas théorique. Elle vient du terrain. Alexandre, directeur de clientèle, connaît bien la culture de la course : la préparation, les rituels, l’avant-course, le jour J… et ce que l’on garde ensuite. 2h29’11’’ sur marathon, ce n’est pas seulement un (très bon) chrono : c’est un repère concret, qui dit quelque chose du niveau d’engagement, de régularité et d’exigence.
C’est aussi cette culture de l’effort et du détail qui nourrit aujourd’hui le développement de l’axe sport & design de communication mené par Alexandre : penser les identités sportives non comme des habillages, mais comme des prolongements crédibles de l’expérience vécue.
Quand le design prend le relai
Une affiche réussie, un t-shirt bien pensé, une identité cohérente font plus que signaler un événement : ils le prolongent. Ils permettent à l’expérience sportive de continuer à vivre, bien après l’effort.
Et lorsque l’on visite des archives des grands évènements à travers les décennies qui nous précèdent, les exemples d’un graphisme réussi ne manquent pas.
Des Jeux Olympiques de Munich 72 à Paris 2024, en passant par Roland Garros, de nombreux évènements l’ont parfaitement compris : leurs affiches dépassent largement le cadre sportif pour entrer dans l’histoire du design graphique. Elles deviennent des objets culturels à part entière, exposés, collectionnés, étudiés.
LUCIOLE prend le large
La voile aussi a ses objets cultes. Et la Route du Rhum en est un bon exemple : une course suivie autant pour sa dimension sportive que pour l’imaginaire qu’elle transporte. Pour l’édition 2026, nous avons travaillé aux côtés d’OC Sport pour concevoir un visuel qui ne soit pas seulement une image, mais une annonce capable de rester. Une affiche pensée comme un objet graphique à part entière en somme.
Du Tour de France à la voile en 1995 sur JOD35 (avec l’Ensad sur Arjowiggins Issy-les-Moulineaux) au Bold d’Or Mirabaud sur Diam24 (effectué en 9h33), notre directeur de création et président de l’agence en est un autre témoin privilégié. Passionné et supporter de la course au large, comme tant d’autres, ses incontournables métaphores voileuses racontent un rapport au sport où l’engagement, le collectif, la préparation de la navigation comme l’attention portée à chaque équipier et équipière à l’agence — ce solide et magnifique voilier de 35 ans ! — sont essentiels et,
sur la durée, prennent tout leur sens.
©Photographies Alexis Courcoux pour OC Sport Pen Duick
C’est aussi cette exemplarité du sport, avec les défis et les challenges qui y sont liés que LUCIOLE s’est engagée il y a près de 3 ans derrière Les Voileuses au large, ce duo féminin très inspirant, quand deux jeunes femmes actives décident de mettre leur métier entre parenthèse pour courrir la Transat Jacques Vabres sur Class 40 !
Le rôle stratégique du design dans le sport
Le sport n’a jamais été aussi visible. Et cette visibilité ne repose plus uniquement sur la performance ou le spectacle, mais sur la manière dont il se raconte graphiquement. Et c’est précisément là que le design joue un rôle stratégique : affiches, identités, objets…
C’est aussi ce qui nous anime : contribuer à faire vivre ce lien fort entre le sport de compétition et le design qui se remarque. En créant de beaux visuels et des logos évènements pertinent, plutôt que des images vite produites, vite oubliées. Une affiche réussie, c’est bien celle que l’on conserve et que l’on encadre. Tout comme ce tee-shirt, cette casquette ou ce coupe-vent que l’on porte avec fierté !
Ce que le design permet aujourd’hui, c’est de prolonger l’effort, de fixer la mémoire et de parler d’un événement sportif à la hauteur de ce qu’il raconte.