12 juin 2017

imprimerie

Qui aime le papier va en calage !

Quand la communication respire le digital à plein nez, on peut – comme Proust et ses madeleines – regretter l’odeur de l’encre d’imprimerie comme un lointain souvenir… À l’agence pourtant, le calage imprimeur est un plaisir qu’on entretient jalousement.

Et pour cause : on aime ça ! Chaque calage « en machine » de notre directeur de production est souvent perçu comme une douce récréation pour les collaborateurs et vécu comme telle par celui qui parfois l’accompagne. Le client, plus rarement et c’est assez dommage, les agendas de ce siècle n’étant plus ceux d’une époque révolue, quand on « prenait le temps » de suivre chaque étape d’un projet…

Passer de nos Mac silencieux aux fines courbes design à des presses offset bruyantes et volumineuses, leurs tonnes de métal bien ancrées dans le sol, est en soit un fabuleux voyage !

Un voyage dans le temps, quand les technologies d’aujourd’hui et nos agendas bien remplis ne nous permettent plus de mesurer la dimension industrielle que sont ce qu’on appelle encore « les métiers du labeur » pour désigner imprimeurs et autres façonniers, dans toute la noblesse d’un métier inventé par Gutenberg. Mais quel plaisir, avouons-le, de découvrir sur presse le résultat de quelques semaines d’un minutieux travail sur InDesign et de prendre en main les grandes feuilles (70 x 102 cm) imprimées, avec rigueur et respect.

Un voyage d’étude, car qui dit industrie dit changement de paysage : on est très loin de l’univers de l’agence, même à 30 minutes de RER… Le sol est en béton, pour supporter le poids d’une presse Heidelberg 4 ou 5 couleurs ; le conducteur — c’est ainsi qu’on désigne celui qui cale puis « fait rouler » les feuilles en surveillant la mise en couleurs — porte souvent un casque anti-bruit, tandis que les palettes de papier traversent les allées de l’usine qu’on appelle souvent « atelier » dans une chorégraphie parfaitement maîtrisée.

Un voyage des sens, lorsqu’on grave dans nos mémoires la douce mélodie des ventouses qui aspirent chaque feuille et qu’accompagnent de leur chant monotone les 4 ou 5 cylindres qui, l’un après l’autre, impriment une des couleurs quadri et dans l’ordre : cyan, magenta, jaune, noir, d’où vient le signe CMJN. Mais ce sont aussi ces encres que l’on respire profondément, et qu’un vernis vient parfois fixer, sur le papier fraichement imprimé, avec la même gourmandise qu’un enfant franchissant la porte du boulanger un dimanche matin et qui en sortant colle son nez dans les croissants encore chauds entre ses mains.

Un voyage d’une qualité rare car on est justement là… pour nous en assurer ! Et mettre à profit notre visite « technique » pour vérifier l’encrage, la qualité de la « frappe » et du repérage sur le papier choisi bien en amont, en prévision d’un résultat qu’on a anticipé et imaginé. C’est là tout l’art de connaître les papiers et leurs spécificités… Nous assurer, en somme, que le travail sous presse sera parfaitement fidèle à nos recommandations et autres échantillons présentés à notre client.

Un voyage enfin, dont on revient accueilli comme l’étaient les grands navigateurs ! On rentre à l’agence avec quelques « bonnes feuilles » roulées sous le bras, tel un long cylindre blanc qui ne passe pas inaperçu, accueillis par les collaborateurs restés derrière leur écran et qui se précipitent pour voir, sentir et toucher le résultat de ce fameux calage ! Et qui écoutent religieusement le récit de cette expédition aux portes de Paris, s’imprégnant du moindre détail et rêvant secrètement d’être le prochain sur la liste à suivre leur projet « print » jusqu’à l’impression.

Nos clients découvriront le résultat de ces décisives étapes qu’on appelle encore la « chaîne graphique » et qui, quand on s’attache à nos métiers dans le moindre détail, prend ici tout sons sens.

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