Les soldes d’été débutent cette semaine : les vitrines
se couvrent de pastilles rouges, dans nos boites mails fleurissent des dizaines de messages colorés qui nous appellent à consommer « moins cher », les paniers
se remplissent de choses dont on avait plus ou moins besoin, mais qui deviennent tout à fait indispensables
à partir du moment où elles sont à -40 %. Alors forcément, on s’est posé la question. Devrions-nous, nous aussi, solder quelques articles de la collection printemps-été 2026 ?*
*sauf points rouges.
Une vitrine qui claque
Pour toute refonte de site, des templates réseaux sociaux offerts !
2 rapports annuels achetés, le 3ème à -50% !
Pour toute plateforme de marque, les éléments de langage sont offerts !
Ne pourrions-nous pas le concept plus loin encore ? Recouvrir notre vitrine sur la magnifique place des Petits Pères de stickers bien vendeurs ; ou bien installer une petite table à l’entrée avec des accroches en vrac, des pictogrammes orphelins, des chartes graphiques légèrement froissées à prix cassés, et quelques recommandations stratégiques à prix rond !
La promotion a ses limites
Dans notre secteur, nous n’avons pas (encore ?) de période(s) boostée(s) par les réductions. Pas de Jours Fous de la stratégie, pas de Grande Braderie de la Direction Artistique ni même un petit code promo « BRANDING25 » à entrer avant minuit pour bénéficier de 25% de réduction sur votre prochain devis.
Et si nous osions ? À nos clients et futurs clients qui nous lisent, chiche ! On vous invite à utiliser ce fameux code, valable jusqu’au 30 juin 2026 à minuit sur le devis de votre choix !
Et au fond, cette absence de promotion à tous les étages, c’est plutôt sain.
Parce qu’il nous tient à cœur d’offrir le meilleur à nos clients, TOUS LES JOURS DE L’ANNÉE ! Pas seulement entre deux démarques, pas seulement quand le marché tousse, pas seulement parce qu’il faut faire rentrer du monde en boutique.
Et pourtant, n’est-ce pas notre Premier ministre qui en septembre dernier s’est imaginé que les agences pourraient faire -20% puis -40% en 2026 sur la communication publique ? Les invitant même à offrir les 3 derniers mois de l’année écoulée sur la petite musique de « 12 mois achetés, 3 mois offerts ! » ou de manière plus pragmatique, sur fond de dette publique…
Même quand le marché se tend (vraiment), notre approche n’est pas de pratiquer le dumping créatif, même si quelques uns de nos camarades de jeu s’y risquent avec des grilles de prix tellement abyssales et déconnectées de toute réalité, c’est certain. Et ils travaillent aussi pour ce prix-là ? Ou se reposent-ils uniquement sur l’I.A ?
À trop dégrader nos prix, que finirions-nous par livrer dont nous serions fiers comme nous aimons l’être, quand nos clients attendent qu’on réponde le mieux possible à leur problématique, pas qu’on leur sorte un article dégriffé déjà cassé !
Notre sujet est plutôt de faire en sorte que ce que l’on produit tienne debout, tienne longtemps, tienne ses engagements, et qu’il soit admiré pour la justesse de sa promesse. Ce qui est déjà un programme ambitieux par les temps qui courent !
La vraie bonne affaire
Les temps sont durs et les soldes ont ce petit mérite : celui de nous rappeler qu’une bonne affaire fait toujours plaisir. Mais une bonne affaire, ce n’est pas forcément ce qui coûte le moins cher, mais plutôt ce qui ne vous lâche pas au bout de trois utilisations…
Et dans la communication, c’est un peu la même chose. Une identité, un support, une campagne, un rapport annuel : ce sont rarement de simples achats d’impulsion à poser près de la caisse. Ce sont des objets qui vont circuler, parler, représenter, convaincre, rassurer, parfois même survivre à plusieurs comités de direction.
Autant qu’ils soient bien faits, non ?
Canva, ChatGPT et le cabas de dépannage
Nous rencontrons de plus en plus de prospects qui viennent de secteurs aux enjeux forts, avec des besoins sérieux, de vraies ambitions, et souvent une première tentation : « faire avec les moyens du bord ».
C’est une problématique qui de prime abord ne nous déplaît pas, quand souvent elle nous oblige à être plus créatifs ingénieux, malins, agiles ! Voire de se saisir d’un projet comme d’une expérimentation à aborder… différemment ! Et donc à challenger nos approches habituelles.
Mais dépanner n’est pas toujours construire. Et quand il s’agit de prise de parole, d’image, de confiance, de préférence ou de développement business, le bricolage peut vite devenir une économie assez chère.
La communication n’est pas un petit extra
L’économie actuelle n’est pas particulièrement généreuse, nous le savons.
Elle pousse à réorganiser ses priorités, à faire des choix, à déplacer des budgets,
à regarder chaque dépense avec un sourcil un peu plus relevé que d’habitude.
Et dans ces moments-là, la communication n’est pas toujours tout en haut de la liste.
Sauf qu’en réalité, la communication est souvent l’un des pôles où l’on peut regagner de la clarté, de la confiance, de la visibilité, de la désirabilité. Et donc, très concrètement, des opportunités.
À l’agence, chaque support, chaque prise de parole, chaque campagne est suivi de près par des KPIs établis en amont. Et ces KPIs ne tombent pas du ciel avec une police élégante : ils découlent d’objectifs business très concrets.
Le design de communication pourrait se contenter d’être beau.
Mais en réalité, il est aussi là pour faire avancer les choses.
Beau, mais pas seulement
Bien sûr, il est toujours agréable d’avoir une belle campagne, une belle marque ou un beau rapport annuel — pour la beauté du geste, et pour contribuer à dépolluer visuellement un monde saturé d’images, qui ne sont pas toutes réussies, loin s’en faut ! Il est agréable aussi de moderniser son logo parce qu’on a envie de changement, ou de voir une campagne et de se dire, sans trop de modestie, que quand même, elle a de l’allure.
Mais en réalité, un rapport annuel solide, c’est surtout un contenu qui a plus de chances d’être lu. Un logo modernisé, c’est l’un des socles d’une identité qui se remet en mouvement. Un magazine bien pensé, c’est un objet qui installe une relation. Une campagne juste, c’est une parole qui trouve sa place.
Pas de pastille rouge sur l’exigence
Alors non, nous ne proposerons probablement pas de logo à -30 %, de newsletter à -40 % ni de refonte de site avec templates offerts « dans la limite des stocks disponibles », même si aujourd’hui nous sommes très attentifs à offrir à nos clients le « bon prix » et toujours avec une promesse qui nous engage, celle de créer de la valeur par le design !
Nous garderons les stickers pour la vitrine. Les fausses promos pour nous amuser. Et l’exigence à son prix juste. Parce qu’en période compliquée, il ne s’agit pas toujours de dépenser moins. Il s’agit surtout de miser mieux. « Avec LUCIOLE, vous faites le bon choix ! » dirait notre réclame, qu’on pourrait peindre sur le mur d’une maison à l’entrée d’un village, en vis-à-vis d’une fresque délavée « Dubo, Dubon, Dubonnet ! »
Et si vraiment il fallait parler soldes : dites-vous que la meilleure réduction, c’est encore celle que l’on fait sur les mauvaises décisions.