N°367 - 28 avril 2026

Une identité « archi » bien pensée

Un workshop se vit à plusieurs

Dès le départ, Lucas et Nicolas, les deux dirigeants d’Archiprogramme, ont posé une conviction forte : ce travail sur l’identité devait se construire avec les équipes. Il ne pouvait pas être conçu à distance de celles et ceux qui font vivre l’entreprise au quotidien. C’est dans cet esprit qu’a été organisé un workshop réunissant les équipes de Lyon et de Rouen, afin d’associer pleinement chacun à la réflexion.

« On a senti qu’il y avait une vraie dynamique du collectif,
ils sont venus nombreux à notre workshop. »

– Juliette, cheffe de projet LUCIOLE

À travers les échanges, les hésitations, les enthousiasmes et les discussions parfois très conceptuelles, une conviction s’est imposée : chez Archiprogramme, l’identité ne peut pas se réduire à une image.
Elle doit refléter les personnes qui composent l’entreprise, leur exigence, leur culture, et la façon dont elles pensent leur rôle.

Revendiquer une pensée

Ce qui nous a frappés lors de cette phase d’écoute, c’est la place qu’occupe le langage dans un métier que l’on imagine volontiers dominé par les tableaux, les schémas et les contraintes techniques.

En réalité, Archiprogramme écrit beaucoup. L’équipe analyse, formule, argumente, précise. Son travail ne consiste pas seulement à ordonner des données ou à encadrer des faisabilités ; il engage une réflexion sur les usages, sur les territoires, sur la manière dont les projets s’inscrivent dans la cité.

Cette dimension intellectuelle est pleinement assumée. Archiprogramme ne se pense pas comme un simple bureau d’étude, mais comme un acteur capable de prendre part à une réflexion plus large sur l’aménagement. Et cela se ressent fortement dans les textes qu’il produit, dans la précision de son vocabulaire, dans la place qu’il accorde à l’argumentation.

Entre structure et récit

C’est à partir de là que la direction créative s’est affinée. Très vite, nous avons compris que l’identité devait tenir ensemble deux réalités complémentaires : la rigueur d’un métier structuré, exigeant, fondé sur l’analyse et la méthode, et une culture de l’écriture, du vocabulaire juste, de la pensée formulée.

Aurélien, notre directeur du design, a traduit cette tension dans un langage visuel capable de faire dialoguer architecture et littérature, et cette approche conceptuelle s’est jouée en particulier dans le travail typographique.

Une première famille, plus normée, plus « architecturée », fait écho à la dimension « programme » ; une autre, plus expressive, plus proche du texte, rend sensible la part plus littéraire du projet. Le choix d’intégrer une typographie comme « Épilogue » prolonge d’ailleurs cette idée en inscrivant l’ensemble dans une logique de récit.

« Le choix des fontes a été dicté par la volonté
de faire dialoguer l’architecture et le récit. »

– Aurélien, directeur du design LUCIOLE

Faire émerger une personnalité

Le projet a également révélé un écart entre l’image historique d’Archiprogramme et la réalité de sa culture interne. Longtemps, l’entreprise avait cultivé une expression très sobre, presque institutionnelle, pour asseoir la crédibilité d’un métier encore peu connu. Mais cette image ne racontait plus tout à fait ce qu’elle était devenue.

Mais Archiprogramme, c’est avant tout une équipe jeune, accessible, passionnée, avec une façon de travailler qui ne renonce ni à l’exigence ni à la sympathie. Cette énergie, cette intelligence vivante du collectif faisaient pleinement partie de leur identité réelle. Il ne fallait pas les effacer derrière un vernis de respectabilité trop attendu.

L’enjeu a donc été de trouver le bon niveau d’expression. Il ne s’agissait ni de surjouer la singularité, ni de rester dans une forme de neutralité prudente. Il fallait permettre à Archiprogramme d’assumer une identité plus marquée, plus fidèle à ce qu’il est aujourd’hui, au moment même où sa reconnaissance professionnelle lui permet de le faire. 

En d’autres termes, le projet consistait aussi à accompagner un changement de positionnement : passer d’une image sobre à une identité plus affirmée, sans rien perdre de la solidité acquise.

Entre le A et le P, il se passe quelque chose

Cette réflexion s’est cristallisée dans le logotype, à travers le travail mené sur les lettres A et P.
En donnant de l’épaisseur aux deux lettres, nous faisons d’abord écho à leur univers : celui de la construction, de la projection, de la mise en forme concrète des idées. Mais le plus important se joue ailleurs, dans la manière dont ces deux formes entrent en relation. Le A et le P ne sont pas simplement juxtaposés ; ils dialoguent, se prolongent, s’entrelacent.

Cette interpénétration graphique permet d’exprimer une idée forte, au cœur de leur pratique : l’un ne va pas sans l’autre. La programmation ne peut être dissociée de l’architecture, pas plus que la pensée ne peut être séparée de sa traduction.

Une approche qui nous parle

Ce qui nous a frappés tout au long de cette collaboration, c’est finalement la proximité entre leur manière de travailler et la nôtre : avancer par étapes, confronter les intuitions, tester, ajuster, affiner jusqu’à trouver la formulation la plus juste. Un projet ne se construit pas dans l’évidence immédiate, mais dans une exigence partagée, nourrie par la discussion et par le temps accordé à la réflexion.

C’est sans doute ce qui donne aujourd’hui à cette identité sa cohérence. Elle ne cherche pas à simplifier artificiellement un métier complexe, ni à le rendre séduisant par des effets convenus. Elle s’attache plutôt à en restituer la nature profonde : un métier ancien, mais en plein renouveau ; un métier technique, mais profondément intellectuel ; un métier d’organisation et de faisabilité, mais aussi de langage, de conviction et de vision.

Vous souhaitez que votre vision se reflète dans votre identité ?

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